Le Roraïma

Publié le par Claude

Au sud du Vénézuéla, s'étend la Gran Sabana (grande savane).
C'est une région sauvage, très humide, riche en mines d'or et de diamants, habitée par des tribus indiennes, notamment les Pémons.

Elle est constituée d'un plateau bordé à l'est et à l'ouest par des montagnes: les tepuys, montagnes  tabulaires de grès rose qui s'élèvent jusqu'à 2800 m. En fait le grès n'apparaît rose que si on le casse, car il est revêtu d'un champignon qui le fait apparaître noir.
Placés en réserve nationale, beaucoup sont interdits d'escalade. D'autres, comme celui ou se trouve le célèbre Salto Angel ( pres de 1000 m, la plus haute cascade du monde), ou le Roraïma sont "visitables".

Situé à la frontière du brésil et de la Guyana, le Roraïma(2800 m d'altitude), forme une véritable muraille de 6 Km par 15, avec des à-pic de 900 m. C'est le territoire des indiens Pemon.

Depuis Puerto la cruz, ou nous avons laissé Amaléo sous bonne garde,on y arrive après 1200 km et près de 20 heures de car, heureusement couchette et très confortables, sinon fiables et trop réfrigérés.
Enfin après une panne qui va nous arrêter 2 heures en pleine nuit et 1 heure de fouille des bagages lors d'un point de contrôle, nous arrivons à 11 h du matin à Santa  Elena  ou Mireille, notre guide, nous accueille.

La randonnée s'effectue en 6 jours: 2 jours d'approche, dont 30 km en 4X4, 1 journée d'escalade à partir du camp de base, 1 journée de ballade au sommet et 2 jours pour redescendre.

3 porteurs indiens nous accompagnent pour porter les tentes, la nourriture et la "cuisine"(réchaud, gamelles,...). Nous portons le reste qui est loin d'être négligeable!!!

Nous sommes 4 avec Michelle et René du bateau LOF.



1er jour


Après donc 30 km en 4X4 sur une piste de terre, appelée route, nous arrivons au village de Paraitepuy. Là, le garde nous fait quelques difficultés car il est interdit de partir après 14 h pour ne pas être pris par la nuit avant d'arriver au premier camp, et il est déjà 14h30 (la nuit tombe à 18 h !). Mais en rusant un peu , on arrive à partir.

Nous allons marcher plus de 4 heures, partant de 1400 m d'altitude, pour arriver au camp Tok situé, lui, à 1000 m mais après quelques montagnes russes et 15 km de savane sous le soleil.




Arrivés à la nuit tombante, nous savourons le repas que nous a preparé Mireille, pendant que les porteurs montent les tentes.
Pendant ce temps, les "puripuri" attaquent. Appelés yenyens aux Antilles, nonos ailleurs, ce sont de petits insectes qui nous font presque regretter les moustiques! Même les répulsifs ne semblent  pas les gêner.
Pour les toilettes: un trou dans la terre et une petite tente....

Puis nous essayons de dormir sur un matelas d'un centimètre d'épaisseur posé sur la terre! Enfin la fatigue aidant ....











Les tentes                                                Le "resto"












        Une indienne Pemon                                La tente WC

2ème jour


Nous continuons dans la savane qui monte maintenant de 1000 à 1800 m. Il fait moins beau, nous aurons même un peu de pluie en chemin.
Nous marchons pendant environ 5 heures pour arriver au camp de base, après avoir traversé 2 rivières à gué: le rio Tok et le rio Kukenan.

A l'arrivée baignade dans le torrent ( Brrrr!!) et repas chaud.
Dans l'après midi, le temps s'améliore un peu, nous laissant voir la falaise que nous affronterons demain (re Brrrr !) .
















Le camp de base




3ème jour

On part vers 8 h pour une montée de près de 1000 m en 2 km soit une pente de 45°. Au début, c'est le cône d'éboulis, très raide, puis c'est la falaise que l'on attaque par une sorte de rampe naturelle.
On mettra 5 heures pour arriver en haut, en passant sous une petite cascade, heureusement peu abondante.



































La rampe de Roraïma













En montant nous découvrons une flore de climat humide, trés variée et trés particulière, avec notamment des orchidées sauvages.






















En haut, spectacle superbe de roches érodées, de parterres de fleurs dés qu'il y a un peu d'eau, et de l'eau, il y en a partout, de petites mares et puis les "hôtels" ou nous allons dormir. Le notre c'est l'hôtel Basilio, mais comme étoiles, il n'a que celles du ciel.





C'est une petite falaise de 20 ou 30 m environ, couronnée par une sorte de toit naturel qui déborde de quelques mètres, assurant un peu de protection à nos tentes, contre la pluie et le vent ( et nous aurons les deux.)

Des sortes de niches permettent à Mireille de s'installer pour y faire la popote. Elle nous prépare une soupe chaude avec des "catalinos", genre de pain d'épice et un chocolat chaud. On goûtera également des casabes: galette de manioc très dure que l'on mouille avec de l'eau et que l'on assaisonne avec de la sauce très épicée (Kumache)


4ème jour

Aujourd'hui, on fait une petite ballade sur le toit du Roraïma avec un sac à dos allégé.











Jolies vues sur les nuages et la plaine; a pics de falaises, cascades, vallées de cristaux de silice (une des particularités des tepuys), puis déjeuner prés d'un jacuzzi naturel ou l'on peut se baigner.
Les 2 jours, il fera froid la nuit et le soir nous sommes vite dans le duvet dés que la nuit tombe!






















Une marche de 1000 m                       Les jacuzzy














2810 m

5ème jour

Nous redescendons, avec un peu d'appréhension au début, puis on s'habitue à la pente.
Après un arrêt déjeuner au camp de base, nous continuons vers le camp Tok que nous atteindrons en soirée.
Avant d'arriver, après avoir passé la rivière, nous prenons un bain, poursuivi par les puripuri que nous avions oublié dans la montagne.
Nous reviendrons de la randonnée, plein de boutons!
8 heures de marche, mais on est content de retrouver un peu de chaleur.












6ème jour

Nous partons de bonne heure pour revenir au village avant 11 h, en fait nous l'atteindrons à 10h30. En arrivant, Marie Rose tombe sur son nez et se l'éclate ( soleil, chaleur, fatigue,...); Beaucoup de sang mais le nez n'est pas cassé.











Paraitepuy                                               Une sauterelle de 20 cm !


Après une douche au robinet du village, nous partons pour Santa Elena pour retenir nos billets de car, puis nous continuons vers la linéa (frontièredu Brésil) pour manger.
Repas typique de la région: on se sert les légumes et un serveur nous améne une multitude de viandes grillées et de brochettes, tant que l'on ne l'arrête pas. A se faire éclater la panse!

Puis quelques achats : hamac,siège hamac, cachaça (rhum brésilien), pâte de goyave,... j'en profite pour m'acheter un nouveau "chapeu".







Retour confortable en car, mais celui-ci nous laissera sur le bord de la route, à l'entrée de Puert la cruz pour ne pas entrer en ville à cause des bouchons! Un peu léger, non ?

En arrivant nous constatons que nous avons tous les chevilles trés enflées. Cela disparaitra le lendemain, mais nous a un peu inquiété sur le moment.
Nous gardons un excellent souvenir de cette randonnée malgré le froid et les puripuris.



La route vue du car. Ou sont les poubelles ?


Annexe


Le Roraïma ( la montagne de toutes les eaux, en indien Pemon) est le plus haut des tepuys.
Athur Conan Doyle l'a fait connaitre en écrivant  The lost word ( le monde perdu) racontant l'histoire d'un jeune journaliste qui prétendait y avoir vu des dinosaures. Le site est en effet trés curieux car  la végétation  y est endémique du fait de la verticalité des paroies. Elle y serait inchangée depuis la préhistoire. Ce roman sera mis en image, en noir et blanc  et en studio au début du 20 siècle, d'après les dessins qu'en avait fait Conan Doyle.
D'autres versions du films ont été réalisés depuis. L'auteur de Jurasic park s'en est inspiré et certaines scènes du film auraient été tournées ici.

Voir égalemant le site www.newfrontiersadventures.com

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